Tous les articles

    Méthodologie

    Protein Tracker vs méthodologie WWF : quelle approche les distributeurs doivent-ils utiliser pour mesurer la transition protéique ?

    Par Altera Food Initiative
    Protein Tracker vs méthodologie WWF : quelle approche les distributeurs doivent-ils utiliser pour mesurer la transition protéique ?

    Pour les distributeurs alimentaires, la transition protéique passe progressivement de l'ambition à la mise en œuvre. Les supermarchés commencent à fixer des objectifs en matière de ventes végétales, d'émissions de Scope 3, de régimes…

    Introduction

    Les supermarchés commencent à fixer des objectifs en matière de ventes végétales, d'émissions de Scope 3, de régimes alimentaires plus sains et de paniers alimentaires à plus faible impact. La question la plus difficile vient ensuite : comment mesurer les progrès réalisés ?

    En Europe, deux approches deviennent particulièrement pertinentes : le Protein Tracker, développé par la Green Protein Alliance et ProVeg Pays-Bas, et la méthodologie "Planet-Based Diets Retailer" du WWF.

    Les deux sont crédibles. Les deux aident les distributeurs à comprendre l'équilibre entre aliments d'origine animale et aliments d'origine végétale. Mais elles ont été conçues pour des objectifs différents. Le choix de la méthodologie influence les bases de référence, les objectifs, le reporting, la gouvernance, les décisions par catégorie, les discussions avec les fournisseurs et la communication publique.

    La question n'est pas de savoir quelle méthodologie est « la bonne ». Elle est de savoir quelle méthode est la plus utile pour la décision que le distributeur doit prendre.

    Pourquoi la méthodologie doit venir en premier

    Lorsqu'un distributeur affirme vouloir « suivre la transition protéique », cela peut vouloir dire plusieurs choses.

    Cela peut signifier mesurer la part des protéines totales vendues qui provient de sources végétales plutôt qu'animales. Cela peut signifier suivre les ventes d'aliments sources de protéines, comme la viande, le poisson, les œufs, les légumineuses, les noix et les alternatives végétales. Cela peut aussi signifier mesurer une évolution plus large de l'ensemble du panier alimentaire.

    Ces idées sont liées, mais elles ne sont pas identiques.

    Un distributeur peut augmenter ses ventes de produits végétaux tout en continuant à voir ses ventes de protéines animales progresser. Dans ce cas, la catégorie végétale peut très bien performer, sans qu'il y ait nécessairement substitution. Un autre distributeur peut améliorer l'ensemble de son panier alimentaire en vendant davantage de légumineuses, de céréales et de légumes, même si sa catégorie d'alternatives végétales à la viande reste limitée.

    Ces deux évolutions peuvent compter. Elles mesurent simplement des choses différentes.

    C'est pourquoi la méthodologie doit être choisie avant l'annonce d'un objectif. Un objectif n'est utile que si la base de référence, le périmètre et la méthode de calcul sont clairs. Sinon, deux distributeurs peuvent tous deux affirmer suivre la transition protéique tout en mesurant des réalités différentes.

    Pour les supermarchés, la méthodologie n'est pas une note technique de bas de page. Elle définit ce que la stratégie suit réellement.

    Les deux principales approches

    1. Le Protein Tracker

    Le Protein Tracker a été développé aux Pays-Bas par la Green Protein Alliance et ProVeg Pays-Bas, en collaboration avec des supermarchés néerlandais et des organisations expertes, notamment Natuur & Milieu et la Questionmark Foundation. Il est devenu une méthodologie de référence pour les distributeurs qui souhaitent mesurer la répartition entre les ventes de protéines végétales et animales.

    Son principe central est simple : le Protein Tracker mesure le volume de protéines vendues.

    En pratique, cela combine trois données :

    - les volumes de ventes des produits ;

    - le poids ou le volume des produits ;

    - leur teneur en protéines.

    Le résultat permet de calculer combien de kilogrammes de protéines ont été vendus, et quelle part de ces protéines provenait de sources végétales ou animales.

    Cela rend le Protein Tracker utile lorsqu'un distributeur souhaite disposer d'un KPI opérationnel clair. Il répond à une question précise : parmi toutes les protéines vendues par un distributeur, quelle part provient de sources végétales et quelle part provient de sources animales ?

    Il est donc adapté au suivi d'une année sur l'autre, aux plans d'action par catégorie, au pilotage de la performance interne et au reporting externe.

    Le marché néerlandais montre comment cela peut fonctionner en pratique. En 2025, la dernière évaluation du Protein Tracker couvrait 95 % du marché néerlandais de la distribution alimentaire, avec 13 distributeurs participants. L'évaluation a montré que les ventes de protéines des supermarchés néerlandais étaient composées à 42,6 % de protéines végétales et à 57,4 % de protéines animales. Les supermarchés néerlandais se sont également engagés à atteindre au moins 60 % de ventes de protéines végétales d'ici 2030.

    Pour les distributeurs, ce type d'indicateur est utile car il peut être relié aux décisions commerciales. Si un distributeur modifie ses promotions, son implantation en rayon, son assortiment ou ses recommandations en e-commerce, un indicateur pondéré par les protéines peut aider à répondre à une question pratique : cette intervention a-t-elle modifié le ratio protéique, ou a-t-elle simplement augmenté les ventes végétales tandis que les ventes de protéines animales restaient stables ou continuaient de croître ?

    Cette distinction est importante. Vendre davantage de produits végétaux n'équivaut pas automatiquement à réduire les ventes de protéines animales. Si la croissance du végétal est principalement incrémentale, l'effet environnemental et stratégique peut être limité. Un indicateur pondéré par les protéines aide les distributeurs à voir si une substitution a réellement lieu.

    2. La méthodologie "Planet-Based Diets Retailer" du WWF

    La méthodologie du WWF part d'une perspective plus large : celle des régimes alimentaires durables.

    En 2024, le WWF a lancé sa méthodologie "Planet-Based Diets Retailer" afin d'aider les distributeurs à mesurer, publier et rééquilibrer les ventes d'aliments d'origine animale et végétale. Le WWF relie ce travail aux objectifs climatiques, de protection de la nature et de santé.

    Cela signifie que la méthodologie du WWF ne porte pas uniquement sur des grammes ou des kilogrammes de protéines. Elle s'intéresse aussi à la manière dont l'offre alimentaire globale du distributeur évolue vers des modèles alimentaires plus sains et plus durables.

    Le WWF recommande aux distributeurs de fixer des objectifs visant un ratio 60:40 en faveur des aliments végétaux au sein des sources de protéines. Il recommande également un ratio plus large de 70:30 entre végétal et animal sur l'ensemble des groupes alimentaires d'ici 2050.

    Cette vision plus large du panier alimentaire inclut des catégories telles que la viande, la volaille, les œufs, les produits de la mer, les légumineuses, les noix, les graines, les produits laitiers, les alternatives aux produits laitiers et les alternatives végétales. Les documents de liste alimentaire du WWF montrent aussi à quel point le travail de classification peut devenir détaillé, avec des décisions pratiques autour de produits comme le houmous, les petits pois, les fèves, les sandwichs, les pizzas et d'autres produits composés.

    Cela rend l'approche du WWF particulièrement utile pour les équipes ESG et RSE. Elle permet de répondre à une question plus large : comment le panier alimentaire du distributeur évolue-t-il vers des régimes plus sains et plus durables ?

    Ce cadrage peut être utile pour la communication externe. Il relie la transition protéique aux objectifs climatiques, de biodiversité et de santé publique, plutôt que de la traiter comme un simple indicateur de ventes végétales. Pour les distributeurs qui travaillent déjà avec les cadres du WWF, ou qui souhaitent communiquer à travers le prisme des régimes alimentaires durables, cela peut être un véritable avantage.

    La différence fondamentale

    Le Protein Tracker est davantage pondéré par les protéines et orienté vers l'opérationnel. La méthodologie du WWF est plus large et davantage orientée vers les régimes alimentaires.

    Le Protein Tracker repose sur la mesure directe des protéines végétales et animales vendues. Il convient bien aux distributeurs qui souhaitent disposer d'un KPI clair, d'une base de référence et d'une méthode répétable pour suivre les progrès dans le temps.

    La méthodologie du WWF repose sur un cadre plus large de régimes alimentaires durables. Elle convient bien aux distributeurs qui souhaitent relier les aliments sources de protéines au climat, à la nature, à la santé et au reporting sur l'ensemble du panier alimentaire.

    Les différentes équipes valoriseront des aspects différents. Une équipe data ou category management pourra préférer le Protein Tracker, car il crée un lien direct entre les ventes de produits et l'évolution du ratio protéique. Une équipe ESG ou affaires publiques pourra préférer l'approche du WWF, car elle s'intègre plus naturellement au reporting de durabilité et aux engagements externes.

    Ces deux besoins sont légitimes. Mais les distributeurs ne doivent pas considérer les deux approches comme interchangeables.

    Passer d'une méthode à l'autre sans explication peut rompre la comparabilité. Un distributeur qui calcule sa base de référence avec une méthodologie, puis publie ses progrès avec une autre, risque de créer de la confusion en interne comme en externe. C'est particulièrement important lorsque l'indicateur est utilisé dans des engagements publics, des communications aux investisseurs ou des négociations fournisseurs.

    Le principe central est la cohérence : choisir une méthode, documenter les hypothèses et l'utiliser de manière répétée.

    Là où le Protein Tracker fonctionne le mieux

    Le Protein Tracker est particulièrement solide lorsqu'un distributeur souhaite disposer d'un KPI protéique opérationnel clair.

    Son premier avantage est la précision. Parce qu'il se concentre sur les kilogrammes de protéines vendues, il répond directement à la question centrale de mesure : les ventes évoluent-elles des protéines animales vers les protéines végétales ?

    Son deuxième avantage est son utilisabilité. Un indicateur pondéré par les protéines peut être traduit en actions par catégorie. Si le ratio est faible dans les plats préparés, la viande fraîche, les produits laitiers, les surgelés ou le snacking, le distributeur peut identifier où se situent les plus grandes opportunités.

    Son troisième avantage est la comparabilité. L'expérience néerlandaise montre qu'une méthodologie commune peut aider à créer une dynamique sectorielle. Lorsque plusieurs distributeurs utilisent la même approche, le marché peut passer d'initiatives isolées à une mesure partagée.

    Le Protein Tracker s'inscrit naturellement dans le pilotage commercial. Lu à l'échelle nationale et sur la durée, il permet à un distributeur de relier ses décisions de catégorie, d'assortiment, de promotion ou d'e-commerce à l'évolution de son mix protéique, sans prétendre isoler l'effet d'un test ponctuel. C'est précisément ce qui manque à la plupart des indicateurs de durabilité aujourd'hui : un repère stable, comparable d'une année sur l'autre, sur lequel les équipes commerciales peuvent réellement s'appuyer.

    Le Protein Tracker a aussi des limites.

    Il dépend fortement de la qualité des données. Les distributeurs ont besoin de volumes de ventes fiables, d'informations produits fiables et de données de teneur en protéines. Les produits composés peuvent être difficiles à classifier. Une salade poulet-lentilles, une quiche fromage-légumes, des lasagnes au bœuf ou un produit végétal contenant des protéines d'œuf ou de lait nécessitent tous des règles claires.

    Il existe également un risque d'interpréter l'indicateur de manière trop mécanique. Si tout produit contenant des protéines végétales ajoutées est considéré comme un progrès, même lorsque cela n'a pas de sens nutritionnel ou stratégique, l'indicateur peut être déformé. C'est pourquoi les règles de catégorisation et le contrôle qualité sont essentiels. Le Protein Tracker est utile, mais seulement s'il est appliqué avec rigueur.

    Là où la méthodologie du WWF fonctionne le mieux

    La méthodologie du WWF est particulièrement solide lorsqu'un distributeur souhaite intégrer la transition protéique dans une stratégie plus large de régimes alimentaires durables.

    Son premier avantage est son ampleur stratégique. Elle relie les aliments sources de protéines aux objectifs climatiques, de protection de la nature et de santé. Cela peut aider les équipes ESG à expliquer pourquoi la transition protéique compte au-delà d'un indicateur unique.

    Son deuxième avantage est la logique de panier alimentaire. Les distributeurs ne vendent pas seulement des alternatives à la viande, du tofu ou des légumineuses. Ils vendent des petits-déjeuners, des déjeuners, des dîners, des snacks, des plats préparés, des produits laitiers, des surgelés, des produits frais et des produits d'épicerie courante. L'approche du WWF place la diversification protéique dans ce système plus large.

    Son troisième avantage est la communication auprès des parties prenantes. Un cadre plus large de régimes alimentaires durables peut être plus facile à expliquer à des audiences externes, en particulier lorsqu'il est relié à des concepts reconnus comme le régime de santé planétaire.

    L'approche du WWF a aussi des limites.

    Parce qu'elle est plus large, elle peut être plus difficile à traduire en un KPI opérationnel simple. Elle peut très bien fonctionner pour le reporting ESG et la stratégie de régimes alimentaires durables, mais être moins immédiatement actionnable pour des category managers qui doivent savoir quels leviers feront évoluer un ratio protéique dans un rayon spécifique.

    Elle ne supprime pas non plus le défi de mise en œuvre. Les distributeurs doivent toujours classifier des milliers de produits de manière cohérente. Les plats préparés, les produits mixtes, les recettes de marque propre, les produits de marques nationales et les données produits incomplètes restent difficiles à gérer, quelle que soit la méthodologie choisie. Le cadre peut être crédible, mais les distributeurs doivent quand même disposer de la capacité opérationnelle nécessaire pour l'appliquer correctement.

    Le principal défi de mise en œuvre : la catégorisation des produits

    En pratique, le principal obstacle n'est souvent pas la formule. C'est la catégorisation des produits.

    Un distributeur peut déjà disposer de données de ventes. Il peut savoir combien d'unités de chaque produit ont été vendues au cours des 12 derniers mois. Mais pour calculer un ratio protéique crédible, ces produits doivent être correctement classifiés.

    Cela nécessite des décisions détaillées. Le produit est-il animal, végétal ou mixte ? Appartient-il à une catégorie source de protéines ? Comment traiter un plat préparé ? Que faire si le produit contient à la fois de la viande et des légumineuses ? Que faire si un produit végétarien contient des protéines laitières ? Que faire lorsque les données nutritionnelles sont manquantes ?

    Ces questions déterminent le résultat.

    C'est là que de nombreux distributeurs sous-estiment le travail nécessaire. Le calcul peut sembler simple sur le papier. L'appliquer à des milliers de références est une autre tâche.

    Une méthodologie crédible nécessite plus qu'une formule. Elle nécessite :

    - des règles de classification claires ;

    - un processus pour les cas limites ;

    - un contrôle qualité ;

    - une documentation des hypothèses ;

    - un processus annuel répétable.

    Le premier calcul n'a pas besoin d'être parfait. Il doit être transparent, répétable et améliorable. Une approche pratique consiste à créer une première base de référence, puis à améliorer la qualité des données chaque année.

    Comment les distributeurs doivent choisir

    Un distributeur devrait choisir le Protein Tracker si sa priorité principale est de construire un KPI opérationnel clair de transition alimentaire. C'est probablement le bon choix lorsqu'il souhaite mesurer directement la répartition entre protéines végétales et animales, comparer les progrès d'une année sur l'autre et fournir aux équipes catégories un indicateur sur lequel elles peuvent agir.

    Il est également utile lorsqu'un distributeur souhaite tester si ses interventions déplacent les ventes des protéines animales vers les protéines végétales.

    Un distributeur peut choisir la méthodologie WWF en complément, si sa priorité principale est le reporting plus large sur les régimes alimentaires durables. Elle a du sens lorsqu'il s'agit de relier les aliments sources de protéines aux engagements climat, nature, santé et panier alimentaire, ou pour les groupes qui utilisent déjà ce type de cadre à l'international. Pour la plupart des enseignes, elle se lit comme une couche de reporting au-dessus du Protein Tracker, plus que comme un substitut.

    Certains distributeurs peuvent choisir une approche hybride. Cela peut avoir du sens, mais seulement si elle est clairement documentée.

    Par exemple, un distributeur pourrait utiliser un indicateur de type Protein Tracker comme KPI opérationnel interne, tout en utilisant le cadre du WWF pour inscrire ce travail dans une stratégie plus large de régimes alimentaires durables. Les équipes catégories travailleraient avec un ratio protéique précis. Les équipes ESG expliqueraient la pertinence environnementale et sanitaire plus large.

    Mais une approche hybride ne doit pas devenir un compromis flou. Elle doit préciser quel indicateur est utilisé pour quel objectif, quelles données sont incluses, comment les produits composés sont traités et comment la comparabilité d'une année sur l'autre sera protégée.

    Recommandation pour les distributeurs français

    Pour les supermarchés français, la priorité devrait être d'éviter de passer des mois à débattre de la méthodologie avant de créer une base de référence avec une première méthode de calcul simple et facilement opérationnalisable. C'est précisément la valeur que nous apportons : sécuriser les choix de catégorisation, structurer les données et livrer un premier ratio fiable, pour que la discussion porte ensuite sur la trajectoire, pas sur la formule.

    La France est encore à un stade plus précoce que des marchés comme les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou l'Allemagne. Le besoin urgent n'est pas un engagement public parfait. C'est une première mesure crédible.

    Pour de nombreux distributeurs français, la voie la plus pragmatique consiste à commencer par une base opérationnelle pondérée par les protéines, proche de la logique du Protein Tracker, tout en utilisant la méthodologie plus large du WWF comme référence stratégique pour les régimes alimentaires durables.

    Cette approche présente trois avantages.

    Premièrement, elle donne aux distributeurs un chiffre clair : la part des ventes de protéines provenant de sources végétales et animales. Deuxièmement, elle maintient l'indicateur proche de la réalité commerciale : volumes de ventes, données produits, catégories et interventions. Troisièmement, elle permet aux équipes ESG de relier le travail aux objectifs climatiques, de biodiversité et de santé.

    La bonne réponse peut varier selon les distributeurs. Une entreprise qui utilise déjà le WWF à l'international peut préférer maintenir une cohérence entre marchés. Un distributeur qui part de zéro peut préférer la clarté opérationnelle d'un ratio pondéré par les protéines. Un distributeur dont la maturité data est limitée peut avoir besoin d'une première base approximative avant de passer à un calcul plus précis au niveau produit.

    Attendre une méthodologie parfaite est un mauvais arbitrage. Une première version crédible, documentée de manière transparente, vaut mieux qu'aucune base de référence.

    De la mesure à l'action commerciale

    L'objectif de la mesure du ratio protéique n'est pas simplement de publier un chiffre. La mesure doit aider les distributeurs à décider quoi faire ensuite.

    Une fois la base de référence établie, les équipes peuvent identifier les catégories les plus importantes. Elles peuvent tester si les produits végétaux performent mieux lorsqu'ils sont placés à côté de leurs équivalents animaux. Elles peuvent évaluer si les promotions augmentent la substitution ou ajoutent seulement des ventes incrémentales. Elles peuvent mesurer si les recommandations e-commerce modifient les paniers. Elles peuvent comprendre si les écarts de prix freinent l'adoption.

    C'est là que le ratio protéique devient précieux pour les équipes business. Pour les équipes ESG, il crée une manière crédible de suivre les progrès. Pour les équipes catégories, il transforme la durabilité en question commerciale. Pour les équipes data, il crée une base mesurable. Pour la direction, il montre si les engagements se traduisent par une évolution réelle des ventes.

    La meilleure méthodologie n'est pas celle qui semble la plus solide dans un rapport. C'est celle qui aide le distributeur à prendre de meilleures décisions.

    Ne pas créer une troisième méthodologie

    Le Protein Tracker et la méthodologie du WWF sont deux approches sérieuses et utilisables pour suivre les progrès d'un distributeur vers des régimes alimentaires plus sains et plus durables. Les distributeurs doivent être prudents avant de créer une troisième méthodologie, sauf s'il existe une raison forte de le faire.

    Une approche sur mesure peut créer plus de problèmes qu'elle n'en résout. Elle peut réduire la comparabilité, accroître les débats internes et compliquer la communication externe. Dans la plupart des cas, la meilleure voie consiste à utiliser l'une des méthodologies existantes, à documenter clairement les éventuelles adaptations et à l'appliquer de manière cohérente.

    Conclusion

    Le Protein Tracker et la méthodologie du WWF sont deux outils utiles pour la transition protéique européenne.

    Le Protein Tracker doit être compris comme un indicateur opérationnel précis, pondéré par les protéines. Il est particulièrement utile pour les distributeurs qui souhaitent mesurer directement la répartition entre protéines végétales et animales et la traduire en actions par catégorie.

    La méthodologie du WWF doit être comprise comme un cadre plus large pour les régimes alimentaires durables. Elle est particulièrement utile pour les distributeurs qui souhaitent relier les ventes d'aliments sources de protéines aux objectifs climatiques, de protection de la nature, de santé et de panier alimentaire global.

    Pour les distributeurs, l'essentiel est de choisir une méthode qui peut être mise en œuvre de manière cohérente, expliquée clairement et utilisée chaque année.

    Le reporting seul ne suffira pas à concrétiser la transition protéique. Les distributeurs doivent mesurer où ils en sont, comprendre ce qui influence le ratio, tester des interventions commerciales et améliorer l'indicateur dans le temps.

    La prochaine étape consiste à construire une base de référence crédible et à l'utiliser pour guider les décisions.

    Sources

    Green Protein Alliance & ProVeg Netherlands, Mise à jour de la méthodologie du Protein Tracker https://theproteintracker.com/wp-content/uploads/2026/01/2025_The-Protein-Tracker-Update-Oct-2025-Green-Protein-Alliance-Proveg.pdf

    ProVeg International, Les supermarchés néerlandais sont en tête en Europe, mais doivent collaborer pour atteindre les objectifs 2030 en matière de protéines végétales https://proveg.org/press-release/dutch-supermarkets-lead-europe-but-must-collaborate-to-reach-2030-plant-protein-targets/

    WWF, Le WWF lance une nouvelle méthodologie pour aider les distributeurs à atteindre 60 % de ventes d'aliments protéiques d'origine végétale https://www.wwfcee.org/news/wwf-launches-new-methodology-to-support-retailers-in-achieving-60-of-protein-food-sales-from-plant-based-sources

    WWF UK, WWF Basket Diets Metric Food List https://www.wwf.org.uk/sites/default/files/2025-03/WWF-Basket-Diets-Metric-Food-List.pdf

    WWF UK, WWF Basket Diets Metric Guide https://www.wwf.org.uk/sites/default/files/2024-12/diets-metric-guide.pdf